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Fiona Beeston

fiona bio

Je suis tombée dans le monde du vin un peu par hasard.

Adolescente, un soir, j’ai critiqué le choix des vins que mon père allait servir pour le dîner. A l’époque, nous habitions Washington DC aux Etats-Unis. Un des invités, un diplomate français, a entendu notre conversation. « Mais, savez-vous, mademoiselle, s’exclame-t-il, que le vin s’apprend ! ». Et d’évoquer ensuite Bordeaux, l’œnologie, tout un monde dont j’ignorai jusqu’alors l’existence.

Me voilà donc décidée à prendre une année sabbatique après mon bac pour participer à cette transformation miraculeuse du jus de raisin en vin … de qualité ! J’ai commencé en ouvrier agricole, en bleu de travail et en bottes à manier un jet d’eau au fond d’une cuve.

Après divers stages en France, je me suis retrouvée à Londres pour travailler chez un importateur de vins. Mais la proximité du vignoble me manquait cruellement.
fionabookDe retour à Paris, j’ai travaillé chez Lucien Legrand qui m’a confié l’ouverture de son annexe voisine de la boutique Legrand Filles et Fils dans la Galerie Vivienne (2e). A l’époque – au début des années 80 – nous voulions promouvoir les « nouveaux » vins du Sud de la France. J’avais, par exemple, sélectionné le Domaine de Trévallon que nous vendions 14 francs la bouteille. Je me souviens de la frilosité des clients parisiens : ils avaient du mal à comprendre qu’un vin du sud pouvait être autre chose que médiocre … même en le goûtant !!! Le consommateur était encore complètement sous l’emprise des Bordelais.

Lucien Legrand m’a tout appris. C’était un homme bien en avance sur son temps. Il exigeait des cuvées de champagne « non-dosée », poussait la coopérative à vinifier pour lui une cuvée expérimentale (!) de beaujolais nouveau « non-chaptalisé », du jamais vu à l’époque. Avant tout, il recherchait le coté « digeste » d’un vin. C’était aussi une des raisons pour laquelle il appréciait les vins de la vallée de la Loire.

Une rubrique mensuelle dans la Revue des Vins de France, « Les carnets de Fiona », des collaborations diverses avec des guides, en particulier le Guide des vins du monde de Slow Food, un livre –
« Mes Hommes du Vin », paru chez Plon, tout cela m’a permis au fil des années, de rester en osmose avec ce monde passionnant du vin et de suivre, en particulier, la petite poignée de farfelus qui s’engagaient dans une nouvelle direction, celle de la culture en biodynamie.

Voilà cinq ans, je me suis décidée : j’allais m’engager dans ce que j’avais toujours eu envie de faire, du vin.

J’ai commencé par chercher un vignoble dans la vallée de la Loire : une petite vigne sur un beau terroir. Très vite, j’ai recentré ma recherche, et voulu jeter mon ancre à Chinon.

Pourquoi Chinon ? En grande partie, il faut l’avouer, grâce aux magnifiques magnums de chinon bus avec un plaisir indéfinissable – des millésimes entre 1980 et 1990 vinifiés par Charles Joguet, le grand rénovateur du vignoble de Chinon.

Pour moi, le chinon rouge allie la fraîcheur des vins de la vallée de la Loire conjuguée avec une certaine légèreté et sensualité, assez uniques dans la palette des vins rouges.
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Après trois années de recherche pour mon lopin de vignes, alors que plus personne, évidemment, ne prenait mon projet au sérieux, j’ai enfin trouvé ce que je cherchais… et en plus, en mieux !

Les moines ont plantés ce Clos des Capucins en 1604. IIs avaient vraiment le don pour dénicher terroirs et micro-climats d’exception.

2011 est mon premier millésime vendangé dans ce petit Clos d’à peine un hectare et demi. C’était une très belle année chaude. Ce chinon rouge devrait vraiment être gardé entre 5 et 10 ans, mais les impatients voudront le boire, et le carafer avant de le servir, pour lui permettre de s’ouvrir. Le Clos des Capucins est en conversion bio depuis 2011.

En 2012, j’ai agrandi mon vignoble, en achetant un hectare, toujours dans l’appellation chinon à quelques minutes du Clos des Capucins. Cette vigne appartenait à Pascal Lambert, un des meilleurs vignerons de l’appellation. Il l’a plantée voilà une vingtaine d’années. Elle est cultivée en bio depuis le premier jour. Le terroir produit des vins plus souples, des vins de soif, à boire ! Dans leur prime jeunesse bien sûr ! Ce chinon rouge est simplement nommée : Fiona Beeston’s Perfectly Drinkable .