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Clos des Capucins



Clos des Capucins

2011

Mon premier millésime fût un réel bonheur. Tout était facile. Le temps était au beau fixe, les raisins ont mûris tranquillement. Nous avons vendangé le 10 octobre avec des raisins mûrs. Avec un tel beau temps, nous aurions pu attendre plus longtemps, mais obtenir un degré d’alcool plus élevé ne m’intéressait pas.

Une des raisons pour laquelle j’aime les vins de la vallée de la Loire, c’est leur relative légèreté. Les vins avec un volume d’alcool entre 11 et 12,5°me conviennent tout-à-fait. Ils n’assomment pas !

Le Clos des Capucins a été fermenté dans une cuve pendant un mois, et ensuite mis en fûts pendant douze mois. Les fûts sont d’un deuxième vin et proviennent du Domaine de la Romanée-Conti.

Mon rendement a été très bas, autour de 15 hl/ha. C’était la première année, la vigne était en conversion bio. De mauvais augures m’avaient indiqué que, pendant les premières années, la vigne – déstabilisée par son nouveau régime sans produits chimiques – ne donnerait que des raisins pourris ! Du coup, nous avons taillé très court et chaque grappe a, malgré tout, été très belle.

Clos des Capucins– Eminence Grise – Cuvée Avant Premiere

Cette cuvée est le vin de presse dont il n’y a eu qu’environ 300 bouteilles. C’est le résultat issu de la fin de la fermentation de la cuvée du Clos des Capucins, avec la séparation du jus qui s’est écoulé tout seul de la cuve, un jus issu des peaux que nous avions mises dans la presse. Normalement, les vins de presse sont plus rustiques. Dans le cas de ce millésime, le vin reste élégant tout en étant plus léger à boire dans les trois à cinq ans à venir.

Clos des Capucins – Eminence Grise

Le vin a macéré pendant un mois, et ensuite a été élevé en fûts de chêne pendant douze mois avant d’être mis en bouteilles.

J’ai passé trois ans avant de trouver ce terroir extraordinaire à Chinon. Je savais évidemment l’importance d’un grand terroir. Mais j’avoue ne pas m’être rendu compte à quel point le terroir est important dans la création d’un vin d’execption. Les moines qui l’ont déniché, possédait vraiment le (french) flair pour planter cette parcelle !

Le millésime est d’un rouge rubis. Il possède un équilibre naturellement élégant, entre les fruits mûrs, les tanins et une structure d’une réelle fraîcheur. C’est un vin de garde de 5 à 10 ans, mais une décantation en carafe lui permettra de s’ouvrir plus tôt.

2012

Le millésime a été très difficile, car le temps n’était pas au beau au printemps pendant la floraison et, plus tard à l’automne, la climatologie n’a guère été plus favorable. Cependant, il y avait de quoi être fier des vignes, parce que les raisins étaient beaux et dans un très bon état sanitaire.

Pour l’instant, le vin continue d’être élevé en fûts. Il semble vouloir prendre son temps ! J’ai compris – ce dont je me suis peut-être rendu compte un peu tardivement avec mes enfants – que mon rôle est d’accompagner le vin et non pas de traçer de force son chemin ! C’est ce que je fais donc avec ce millésime : j’attends sans impatience.

2013

Une nouvelle fois, je suis confrontée à une toute petite récolte. Au printemps, le soleil – voire même la lumière – nous a souvent manqué, et les vignes ont pris trois semaines de retard. Avec le bel été, la vigne a pu rattraper un peu de son retard, mais un automne frais a néanmoins freiné la maturation des raisins.

J’ai pris le risque de vendanger tard dans un équilibre délicat, car il ne fallait pas perdre les bienfaits des quelques heures de soleil le jour avec le froid de la nuit et la rosée du matin. En définitive, il nous a bien manqué une bonne semaine de soleil. Le profil de ce millésime annonce des vins plus légers, sans la structure nécessaire pour en faire des vins de garde.

Les vignes ont été vendangés le 20 Octobre, les grappes triées pour ne laisser passer que les beaux raisins. Le vin est toujours en cuve, mais sera bientôt mis en fûts.

Fiona Beeston’s Perfectly Drinkable



Perfectly Drinkable

Un hectare de plus à Chinon

Après avoir mis mon premier millésime du Clos des Capucins en bouteilles, je me suis trouvée dans la situation frustrante de dire à mes clients de ne pas boire le vin avant cinq ans.

C’est à ce moment que mon mari et mon fils m’ont encouragée et poussée à acheter une autre parcelle, avec un terroir plus léger, plus souple, pour pouvoir produire un vin friand, un vin à boire, bon sang !

J’avoue, qu’à l’origine, j’étais vent debout contre cette idée. Je me disais que j’avais fait mon travail de vigneronne en m’adaptant à ma nouvelle vie paysanne. Cependant, j’ai cédé à la (gentille) pression familiale et, en définitive, je suis ravie de pouvoir vinifier et boire un vin de Chinon de style différent.

La parcelle d’un hectare appartenait à Pascal Lambert, un des meilleurs vignerons de Chinon. Il l’a plantée en bio voilà une vingtaine d’années. Cette extension de mon vignoble, entourée de bois, sur un terroir plus sablonneux, se trouve à quelques minutes du Clos des Capucins.

Fiona Beeston’s Perfectly Drinkable 2012

Un vin rouge tout en fraîcheur, léger, à boire à la régalade. Il a passé six mois en demi-muids (des fûts de 450 litres). Le vin est issu d’une vigne cultivée en bio et se laisse boire sans réticences aucune, à tel point que j’en ai mis beaucoup en magnums. Comme l’écrirait mon ami Roger Feuilly, le chroniqueur gastronomique : un vin de large soif !

Le nom de la cuvée est un clin d’œil à mon père. Grand reporter, il est souvent parti couvrir les conflits mondiaux. Il a appris à ne jamais se plaindre de la qualité d’un vin. Lorsque qu’un sommelier, à Kaboul ou à Saïgon attendait le verdict après dégustation, il déclarait toujours le vin « perfectly drinkable » et le buvait sans plus s’attarder.